09 juillet 2008
En soutien à MBOA, une internaute interpelle !
Entre les médisances de quelques poltrons qui se rejouissent de la mise en examen de MBOA, de plus en plus de soutiens se déclarent comme celui ci-dessous de madame Malbos. Respect à Mme Malbos.
A ceux qui se marrent, lorsque votre tour viendra, il n y aura peut-être plus personne pour vous soutenir ou alors, on prendra notre temps de rire, nous on ne se cachera pas.
Monsieur, XXXXXXXXXX
En Octobre 2007, deux jeunes filles Congolaises,
supposées mineures jusqu’à preuve du contraire, furent remises entre
les mains de médecins de votre service hospitalier de Limoges, à fin,
justement, de tenter de faire la preuve de leur âge exact.
Ceci à seules fins de justifier la possibilité de leur expulsion du
territoire français.
Passons sur le rôle de « rabatteur de gibier » de l’état que vous
acceptez de tenir au nom du respect des injonctions des autorités, ou de vos convictions personnelles.
Au
marché des esclaves, la valeur marchande des hommes, femmes et enfants,
n’étaient pas évaluée autrement que ces jeunes filles ne l’ont été ce
jour là dans vos services.
L’hôpital est un lieu où chacun -comme dans les écoles- devrait pouvoir trouver secours, refuge et sécurité.
Voila que grâce à vous, ceci n’est plus vrai.
Votre mission de soin, en quelques gestes, s’est trouvée dégradée à
jamais
dans l’esprit d’un nombre incalculable de personnes, condamnées pour
nombre d’entre elles à éviter à présent d’amener leur enfant se faire
soigner, au cas où un médecin zélé…
Je voudrais vous donner
quelques éléments de réflexion, en vous disant des choses que j'aurais
préféré ne pas dévoiler dans une lettre vouée à devenir « publique ».
Personne n’a jamais procédé à la radio de mon poignet gauche pour
déterminer mon âge, autour de ma puberté.
Mais
je vous certifie que mon corps était celui d’une femme dès mes 14 ans,
et qu’à 16 ans, si l’on avait dû évaluer mon âge selon les critères
utilisés dans vos services, j’aurais allègrement passé la barre des 20
ans.
Il paraîtrait que certaine de ces jeunes filles dont vous
avez outrageusement «évalué le corps », se serait rasée précédemment
aux examens.
Mais oui ! C’est possible ! Plein de jeunes et même
très jeunes filles se rasent, que ce soit par culture, par esprit
d’aventure, pour imiter leur maman ou braver leur interdit, etc… Toutes
les raisons sont bonnes à ces âges adolescents pour explorer le terrain
des adultes. Qui pourrait prouver qu’il y a eu là fabrication d’un
mensonge sur leur âge ?
Tous les examens auxquels les médecins
ont ce jour-là procédé pour déterminer l’âge de ces jeunes filles sont,
au minimum, inutiles et invalides scientifiquement parlant, et ne
peuvent faire preuve auprès d’un tribunal, c’est ce qu’il est
d’ailleurs apparu semble t’il par la suite.
Les gestes effectués
pour ces examens, eussent-ils même apporté la moindre précision
scientifique irréfutable, ne peuvent être qualifiés de moins que du mot
« violents ».
Violents, dans le sens du geste qui fait violence, au corps et à l’esprit
délicats de ces jeunes filles.
Violent dans le sens du viol, du corps et de l’esprit délicats de ces jeunes filles.
Vous
ignorez peut-être qu’un simple regard peut violer un corps, déflorer
l’innocence, dégrader une dignité, marquer une âme au fer, fouetter
d’humiliation un esprit.
Ce corps, cette innocence, cette
dignité, cette âme, cet esprit, étaient ceux de chacune de ces deux
jeunes filles que ces gestes et regards ont ainsi blessées, jusque dans
quelles profondeurs, avec quelles conséquences, pour combien d’années ?
Serez-vous là pour réparer ce qui fut là brisé ?
Vous, le médecin ?
Alors, vinrent tous les articles, lettres et réactions qui s’éditèrent
spontanément
sur le net, afin de protester et s’indigner de ces agissements, et de
demander des comptes. Vous demander des comptes, c’ était le moins que
l’on puisse faire.
Nous sommes encore libres de crier, d’émettre
des sons, de poser des mots sur l’ignoble quand il vient au grand jour
et s’exerce au nom de la République et de la "protection" de "notre"
sécurité et
supposé bien-être de citoyen.
Car c’est de cela
aussi qu’il s’agit : on commet des ignominies au nom de la France, et
nous ses citoyens n’aurions pas le droit d’émettre fut-ce une
objection, une analyse, une supposition ?
A ce jour, je ne sache
pas que vos services, vous-mêmes, les médecins mis en cause, aient
produit la moindre explication, ni offert d’excuses aux familles
concernées.
Peut-être suis-je mal informée ? Il me semble que toute
justification ou excuse de votre part aurait déjà fait l’objet
d’articles publics, de
droits de réponses, … je n’en suis pas au courant.
Voila
qu’à présent parmi toutes ces manifestations de stupeur, de révolte,
d’incrédulité épouvantée, de saturation, j’en passe… vous choisissez
entre elles la seule indignation de Monsieur Mboa, et vous mettez en
tête de le produire en justice, pour diffamation.
Ce choix est
accablant. Il semble en effet que parmi tous les nombreux blogs et
sites qui ont fait paraître les protestations à votre égard, celui de
Monsieur Mboa soit le seul à comporter le mot « Afrique » dans son
intitulé. Ce serait un hasard ?
Dans cette situation si difficile, si insupportable, fallait-il en rajouter ?
Une "investigation médicale" que l’on veut à bon droit qualifier
d’attentat
à la pudeur, qui renoue avec les époques où le racisme étaitjustifié et
institutionnel, est dénoncée avec vigueur par une populationnombreuse
et disons très diversifiée, et c’est uniquement le dénonciateur «
d’origine » que l’on veut mettre en cause ?
« Victimes Congolaises, dénonciateur Africain, dans le même panier au mêmemarché je ne dirais pas de quoi », je me cite.
Il aurait fallu assigner en justice bien d'autres accusateurs, pour sembler convaincant.
Mais
par votre indignation d’aujourd’hui vous voudriez faire oublier sans
doute les infamies d’hier. C’est impossible. Vous ne faites par cette
attaque en justice que souligner ce silence immense qui nous répond
depuis des mois.
« Un turbulent silence », en effet.
Avez-vous tout oublié : femme, mère, sœur, fille, vous devez en avoir pourtant.
Auriez-vous souffert qu’elles subissent ce même attentif examen ?
Avez-vous également oublié l’Histoire ?
Malheureusement,
la situation inverse de nos filles françaises pubères examinées de même
manière au Congo par des médecins Congolais est tout bonnement
inenvisageable, dans nos esprit français comme dans les faits. Je dis
malheureusement, car si votre imaginaire avait pu ne serait-ce que
formuler l’éventualité de cette situation « miroir », je suppose que
toute cette situation misérable aurait eu une chance d’être évitée.
Je me joins aux nombreuses personnes qui déjà offrent leur soutien à Monsieur Mboa.
Vous le faites convoquer en justice, mais, de quel côté se trouve le crime ?
J’attends,
avec patience et impatience, que les blessures subies pas ces deux
jeunes filles trouvent leur guérison, et que vous trouviez le moyen de
participer honnêtement à cette guérison.
J’attends, et agis, pour que cette affaire devienne l’une des affaires
exemplaires
des dérives auxquelles mène actuellement dans notre France, notre
Europe, cette conception méprisante et annihilante de l’autre, cet
étranger.
Les êtres qui vous dénoncent sont autant citoyens que
vous. Les mêmes droits aux mêmes plaintes leur sont acquis. L’asphyxie
de la démocratie ne signe pas la mort des Droits de l’Homme, encore
moins celle des Droits des Enfants.
Je vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.
Claire Malbos
04 juillet 2008
Un " Français " expulsé vers le Cameroun
Bizarrerie : Un " Français " expulsé vers le Cameroun
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Jean de la Croix Bellon dit être victime d’une confusion qui l’oblige à vivre en terre camerounaise depuis neuf mois.
J.B. Ketchateng
Le Cameroun, il l’aime bien. Les Camerounaises aussi. Comme cette
jeune opératrice de " call box " qui lui offre le gîte et le couvert
dans un quartier populaire de Yaoundé. Mais, Jean de la Croix Bellon,
51 ans, citoyen français comme il l’assure dès lors qu’il commence à
conter son histoire, rocambolesque si l’on s’en tient à sa version des
faits, voudrait bien rentrer chez lui, à Garges les Gonesses dans le
Val d’Oise, en France. C’est là-bas, sous un abribus, qu’il y a dix
mois, le 8 septembre 2007, des policiers l’ont interpellé. Dix jours
plus loin, alors qu’un juge lui avait donné 15 jours pour prouver qu’il
était bien Français, il est mis dans un avion qui atterrira six heures
plus tard à Douala au Cameroun.
" J’ai traîné depuis lors et je me suis retrouvé à Yaoundé par le
canal de personnes qui me connaissaient en France ", raconte Jean de la
Croix qui, depuis lors, a fait l’apprentissage des relations avec les
administrations locales, même celle qui représente " son " pays la
France. Au sortir d’un dîner où un ami l’avait convié, la police
interpellera au plein coeur de la ville de Yaoundé. Pour les policiers,
il était tard, 22h, et l’homme avait l’air suspect. Ce d’autant plus
qu’il n’avait point de papiers. En dehors de cette pièce dressée lors
de son expulsion et qui renvoie au Cameroun un nommé Jean de la Croix
Bellon, né à Sada-Cameroun.
Jean de la Croix Bellon traîne aujourd’hui avec lui un extrait
d’acte de naissance envoyé de Mayotte (île française de l’archipel des
Comores) par la commune de Sada. " Je suis Français et je me dis que la
police a dû se tromper ", clame ce costaud gaillard, l’air fatigué et
serein devant tous ces documents qui prouvent au moins qu’il a séjourné
en France. Des procès-verbaux de ses passages devant les
policiers camerounais. Des copies d’une police
d’assurances ou d’examens médicaux qui mentionnent qu’il souffre de
problèmes cardiaques et un bout de papier fort important.
" C’est l’accusé de réception d’une lettre adressée à
l’ambassadeur de France le 27 décembre 2007. " Depuis lors, il attend
une solution, des explications, qui ne viennent pas. A nous également,
les services de l’ambassade de France n’ont pas pu répondre rapidement.
Même le consulat français de Douala n’a pu le recevoir : " c’est un
gendarme camerounais qui répond ", lâche-t-il en même temps qu’il
énumère les numéros de téléphone des services consulaires.
Si son histoire peut sembler kafkaïenne, l’homme qui se présente
comme styliste -sa saharienne blanche est d’ailleurs estampillé de ses
initiales qui constituent sa marque, n’aurait-il pas pu sortir de chez
lui avec une pièce d’identité comme doivent le faire des millions de
gens? Ses proches ne pouvaient-ils point le tirer d’affaire en
présentant ses papiers aux policiers français? " Je suis en France
depuis l’âge de 6 ans, j’y suis chez moi et je sors parfois sans mes
papiers. On n’a pas peur quand on est chez soi et qu’on ne se reproche
rien. J’avais pris rendez-vous avec un pasteur, une dame, qui devait
m’aider à sortir de là le lendemain du jour où j’ai été expulsé…"
S’il a retourné le problème dans tous les sens, c’est pour aboutir
à la conclusion que la couleur de sa peau -comme la majorité des
Mahorais, il est Noir, n’est peut-être pas étrangère à sa situation. Un
"compatriote ", Romain Lantin, Français pure souche, qui aurait écrit
le même jour que lui à l’ambassadeur de France au Cameroun, serait déjà
retourné grâce aux services consulaires, à Lyon. A lui, par contre, on
rétorque tantôt qu’il est plus difficile de tirer au clair sa situation
puisqu’il vit dans la région parisienne, alors que son ex-compagnon de
galère a bénéficié de la situation de Lyon qui est en province…
Source: CamerounLink